Lorsque j’étais petit, je me souviens que ma grand-mère Marceline m’avait envoyé dormir chez mon arrière-grand-mère Juliette, qui habitait une petite maison à l’entrée du village. Une grande pièce avec la cheminée, qui servait à la fois de cuisine et de chambre à Juliette, et une autre pièce, ma chambre.
Un violent orage survint pendant la nuit. Entre les éclairs et le fracas des coups de tonnerre, j’entendis un murmure. Quelqu’un parlait.
Je me levai et, par la porte entrouverte, je vis Juliette à genoux au pied de son lit, un cierge était allumé sur la petite table de la cuisine et elle parlait.
Intrigué, j’allai me recoucher. Au petit matin, je me précipitai chez Marceline et lui expliquai l’étrange vision de la nuit.
Elle sourit ainsi que Louis, mon grand-père.
« Ne t’inquiète pas, petit, me dirent-ils, ton arrière-grand-mère a peur de l’orage. Elle fait ses prières à sainte-Barbe et sainte-Claire pour l’éloigner et protéger la maison.
Vous qui avez participé à la croix du Seigneur,
Éloignez de moi le tonnerre et les éclairs,
Ainsi soit-il.»
À chaque orage, je pense à Juliette et à ses prières.
C’est ce souvenir qui m’a donné l’idée de partir à la recherche de ces coutumes et croyances transmises de génération en génération, étrange mélange de pratiques religieuses, de superstitions naïves et étonnantes qui rythmaient la vie de nos campagnes.
Disparues les croyances ? Pas tout à fait…
















